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Disques

The No Neck Blues Band – No Neck Blues Band & Embryo

THE NO NECK BLUES BAND – Letters from the Earth
(Ser / Differ-Ant) – acheter ce disque

THE NO NECK BLUES BAND - No Neck Blues Band & EmbryoFaire la chronique d’un album du No Neck Blues Band relève d’un exploit stylistique et quasi sophiste du chroniqueur, tant ce groupe hors norme s’exprime par l’exploitation du moment impromptu, de l’accident et surtout car ce projet se destine d’abord à la scène. Le collectif néo-hyppie à la démarche "anti-tout" (conformisme, commercial, marketing…), évoluant dans une musique tribale et extatique, a grandi dans les lofts de New York au début des années 90. Force est de constater que 14 ans de pratique n’ont pas fait déjouer l’improvisation totale qui cimente leurs compositions.
Dans ce contexte la re-sortie de "Letters from the Earth" semble se destiner prioritairement aux initiés du No Neck Blues Band. Ce double album fait écho aux rééditions tardives des albums de Animal Collective ("Here Comes the Indians" ou "Wastered" sur Paw track) démontrant qu’une culture libre du folk était déjà en route depuis longtemps dans les contrées américaines. Enregistrées à l’occasion d’un concert à l’Orthodox Easter en 1996, ces 111 minutes de performance sans concession jouent sur le drone, les flux continus de cuivres et autres vents de nature indéterminée. Des plages sonores de 7 à 30 mns, autant dire ardues si on n’a pas la vision scénique qui va avec !

THE NO NECK BLUES BAND – No Neck Blues Band & Embryo
(Staubgold / La Baleine) – acheter ce disque

Leur rencontre avec Embryo, récemment sortie sur le label Staubgold, est LA version qui fait le lien avec la scène. Folk dézingué et tourné vers un tribalisme d’une région inexplorée du globe, nos huit compagnons de cavalcade jouent indifféremment des matières qui sont à leur disposition : une basse, une guitare, un sax, un melodica pourront ressortir de ce magma en constante évolution. De nombreux sons parasites emplissent aussi nos pavillons : instruments de torture sonore, cordes martelées ou archetées, bouts de bois entrechoqués, beuglements lancinants… Un univers complètement cinglé qui appelle singulièrement à la transe ! Les flashs de leur dernier live aux Instants Chavirés prennent vie : un des musiciens apparaît comme l’Ankou (sorte de personification de la mort dans la mythologie celte) portant cape et barbe noires, bâton de pèlerin à la main. Il cherche à tâtons son instrument dix minutes durant comme ralenti par la cacophonie free de ses congénères. Ayant pris position derrière une batterie, la cérémonie est en marche, tambour battant, le public hurle, saute et danse !
Si une filiation du NNCK est évidente avec une forme de rock dépouillé tel que le proposent Liars ou Animal Collective, la démarche de ce combo vient plus compléter les pérégrinations d’Acid Mother Temple, les fresques psychédéliques des Anglais de Skullflower ou les morceaux ethnomusicologiques séminaux de Can.

Jiess

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