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Beirut – Gulag Orkestar

BEIRUT – Gulag Orkestar
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BEIRUT - Gulag OrkestarJ’ai toujours une petite appréhension en allant voir un film d’Emir Kusturica. Je sais que, malgré la sympathie que j’ai pour son cinéma, il y aura toujours pour moi un peu trop d’animaux, d’armes à feu et de fanfares, de même qu’il y a dans l’estimable "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola un peu trop de petits chiens, de macarons et de perruques. C’est moins une question de goût qu’une question de dosage : après tout, pourquoi ne pas déguster, de temps à autre, un macaron Ladurée en caressant un petit chien – ou une arme à feu, c’est selon – sur fond de musique tzigane ? J’en étais arrivé à ce type de considération métaphysique à l’écoute de "Postcards from Italy", premier extrait de "Gulag Orkestar" qui joue effectivement très bien son rôle de carte postale, et je me demandais : comment peut-on tenir sur la distance avec force fanfares pour un premier album ? L’exercice n’est-il pas trop artificiel et pénible pour l’auditeur ? La réponse que donne "Gulag Orkestar" dissipe ces craintes, et elle est assénée avec la grâce de l’évidence par un Américain d’à peine vingt ans, Zach Condon, qui joue d’à peu près tout sur son disque et chante avec un lyrisme qui rappelle les meilleures envolées d’Andrew Bird ou de Jens Lekman (l’appétence instrumentale étant un de leurs autres caractères communs). Je ne sais pas trop à quoi tient le fait que cette sorte de road-record inspiré d’un voyage fait en Europe entre Berlin, Bratislava et l’Italie, emporte l’adhésion : ni tentatives maladroites d’inculturation musicale ni exercices de style gratuits, les morceaux sonnent simplement juste et moderne. Et jouent sur une palette de sonorités assez large pour faire oublier le total-look fanfare, de l’accordéon à la Tiersen ("Mount Wroclai") en passant par les cuivres mariachis et les incursions électroniques décalées (sur deux morceaux, "Scenic World" et "After the Curtain"). La réussite de l’entreprise dépasse donc de loin les appréhensions que le début de hype entourant son auteur laissait planer. Rassuré, je peux terminer mes macarons, abattre enfin l’affreux yorkshire qui salissait le tapis de mon salon Louis XV et reprendre la lecture de la biographie de l’Autrichienne. Non mais.

David Larre

Gulag Orkestar
Prenzlaurberg
Brandenburg
Postcards from Italy
Mount Wroclai (Idle Days)
Rhineland (Heartland)
Scenic
World
Bratislava
The Bunker
The Canals of Our City
After the Curtain

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