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Disques

Dominique A – L’horizon

DOMINIQUE A – L’horizon
(Olympic / Wagram) [site] – acheter ce disque

DOMINIQUE A - L'horizonComme la pochette l’indique, derrière l’horizon, de belles choses peuvent se cacher. Il y a donc cette petite fenêtre centrale qui invite déjà l’auditeur, par son graphisme minimaliste, à rentrer en toute discrétion en terres vierges (ou en eaux troubles).
L’album, évacuant la complexité qui envahissait le précédent "Tout sera comme avant", est à situer entre "Remué" et "Auguri". Car si le paysage semble paisible, on n’en est pas moins remué au cours de ces onze titres : soubresauts pop "Dans un camion", nostalgie douce-amère "Rue des marais".
C’est lâché en milieu de parcours : "Bientôt j’écrirai tout/Quand je saurai viser". Et Dominique A ne manque pas sa cible ici, qu’elle soit mouvante ou émouvante, faisant sien l’adage chinois selon lequel il faut, pour atteindre sa cible, viser et visualiser un objet qui se trouverait derrière celle-ci…
La voix prend de l’ampleur ("L’horizon", "Retour au quartier lointain" entre autres…) pour finalement se poser dans une conclusion poignante ("Adieu", "Alma", accompagné au piano par Laetitia Bégou). Pour ce qui est des autres participants, nul besoin des arrangeurs de "L’imprudence" ici pour faire sortir de douces mélopées. En effet, renouant avec de vieilles (et prestigieuses) connaissances (Sacha Toorop, Olivier Mellano…), Dominique A transporte l’auditeur dans des temps anciens, croisant les fantômes d’Antonia, voire du gros Boris, mais sans jamais répéter son répertoire.
En réalité, l’horizon est vaste et on ne l’atteint jamais, il ouvre la voie au dépaysement ("Par l’ouest") mais aussi à la beauté (Le titre inaugural, "L’horizon" avec sa poésie et les chœurs du Fatalitas Choir Orchestra…).
On pourrait dire que Dominique A est ici à son meilleur mais ce serait mentir, car on sait qu’il offrira encore à l’avenir des joyaux de cette trempe-là. On profitera néanmoins de ces derniers jours de neige pour l’apprécier à sa juste valeur, blotti dans son lit "où engraisse le rêve". Ou peut-être sur un cargo, traversant les mers en toute tranquillité, car l’invitation au voyage (introspectif ou non) est omniprésente sur cet album.
Et, même lorsque le soleil se couche sur "l’horizon", l’envie de repartir se fait sentir, jusqu’à nous faire oublier l’avertissement inaugural du capitaine : "Nous n’irons pas plus loin". Et c’est vrai, l’horizon se révèle indépassable. Enfin, l’avenir nous le dira…

Charles Goethals

L’horizon
Rouvrir
Dans un camion
Antaimoro
La relève
Retour au quartier lointain
Music-hall
Par l’ouest
La pleureuse
Rue des marais
Adieu, Alma

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