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The Bravery – The Bravery

THE BRAVERY – The Bravery
(Island) [site] – acheter ce disque

THE BRAVERY - The BraveryOn ne compte plus depuis quelques temps les groupes, forcément hype, comme Hot Hot Heat, Franz Ferdinand, Interpol ou The Killers, qui font plus ou moins explicitement référence à cette période charnière et si particulière du rock qu’est le Post-punk, et qui se réclament des groupes cultes de ce courant (au hasard Gang of Four, Joy Division, Psychedelic Furs). Le premier album des new-yorkais de The Bravery ne déroge pas à cette règle. C’est même très exactement sur les années 81-82 que réside l’obsession musicale du groupe et notamment sur les premiers maxis dansants de New Order (Temptation date de mai 82) et le premier album de Duran Duran (influence complètement mésestimée de ce mouvement).
Ce disque peut même se targuer, d’une manière franchement éhontée d’ailleurs, d’être le paradigme absolu et branché (effectivement quand on voit les photos il y a bien quelque chose comme une putain d’ATTITUDE rock revendiquée) de ce revival post-punk, à savoir qu’il réussit là où beaucoup d’autres ont échoué (au hasard The Killers ?) : faire un album hyper intense et furieusement sexy, sans temps mort (durant moins de quarante minutes, ce qui est déjà une sorte de performance en soi), bourré de hits dance-floors et qui se paierait même in fine le luxe de faire passer le dernier New Order pour un presque vulgaire album de rock progressif. Car ça démarre très fort dès le premier morceau ("An Honest Mistake", choisi comme single pour la sortie de l’album) avec sa ligne de basse ENORME, et sa programmation idoine ("Blue Monday meets Planet Earth) formant certainement l’une des intros d’album les plus diablement efficaces du rock d’aujourd’hui, et qui en fait le manifeste frondeur, en moins de trois minutes trente chrono, de ce que l’on va retrouver tout au long de ce disque.
Ce qui distingue surtout The Bravery de ses plus proches contemporains (au hasard The Killers ?), et ce qui n’en fait pas "seulement" un énième gadget pour midinettes et fils de pub, c’est la cinglante puissance et la facilité pop avec lesquelles s’enchaînent les différentes compos, habilement soutenues par la production sans faille de son front-man Sam Endicott (qui pourrait aussi tout à fait ravir le trophée de la nonchalance vocale à Julian Casablancas des Strokes) entre gimmicks électroniques bien troussés et pure sensualité acoustique.
Ainsi les hits défilent à vitesse grand v., le mélancolique "No Brakes" (effectivement sans frein), "Fearless" (effectivement sans peur et sans reproches, possible prochain single), la bombe punk-electro "Swollen Summer", le funk mutant de "Public Service Announcement" ou l’impressionnant "Unconditiona"l (toujours aussi fort avec ses guitares et ses basses à la U2 période Boy – autre référence de ce premier album). Mais le reste est à l’avenant, entre une pop jouissive et nerveuse menée tambour battant et un rock electro branché eighties (tout en clins d’œil magnifiés), dansant sans être vulgaire (ils n’en n’ont tout simplement pas le temps !) le tout pétri d’une belle leçon d’arrogance mélodique (pourquoi n’y a-t-il rien à jeter sur ce disque ?) et surtout d’une énergie foutrement communicative faisant de ce disque non seulement l’une des plus belles surprises de ce printemps et le posant d’emblée (et à tous les niveaux) comme le plus sérieux prétendant au trône envié de sensation indie-rock 2005 (Franz Ferdinand s’en souvient encore).
Et vu le disque, ce n’est pas prêt d’être fini.

Sylvain Courtoux

An Honest Mistake
No Brakes
Fearless
Tyrant
Give in
Swollen Summer
Public Service Announcement
Out of Line
Unconditional
The Rite Song
Rites of Spring

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