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Concerts

!!! – Bordeaux, le 4 sans, 6 Octobre 2004

!!! + FREAKS – Bordeaux, le 4 sans, 6 Octobre 2004

Aller traîner sur les quais Sud un soir de semaine avant la fermeture des bars est déprimant. Profondément déprimant. Ce quartier pue la mort avec ses rues crades, ses murs taggués, ces entrepôts et ces boites à Neuneu tous les trois mètres. Mais le C.A.T. est fermé temporairement et le temple de l’électro-chic bordelais prend la suite. Descente rapides des quais, puis longer l’arrière de la gare. Pas envie de m’éterniser.

Arrivée au 4 sans en même temps qu’un vendeur de chez Total Heaven, on va donc retrouver tous les habitués. Comme j’ai séché toutes les prestations de Jeff Mills, Carl Cox ou de Laurent Garnier, je suis novice en ce lieu. Première bonne impression, la salle est super belle. Un long bar fait toute la longueur et la scène en fond de salle est très visible, bien surélevée. Si les photos des DJ "invités" n’était pas accrochées au dessus du bar, je me sentirais mieux. Une petite bière à trois euros m’aide à accepter la chose. L. se pointe avec une copine, on fait comme tout le monde, on dit des conneries en picolant un peu en attendant le début des hostilités.

Arrive Freaks. Trio de Paris qui confond allègrement concert et répétition. Blagues pourries, chansons pourries. Je me demande si ce genre de groupe n’est pas embauché pour faire tourner la buvette à plein régime. Je prends mon mal en patience mais je crise intérieurement. Je rêve du jour où j’aurais le courage d’aller vider un groupe de scène du haut de mes 56 Kg.

Je n’ai jamais pu écouter l’album des !!! d’une seule traite jusqu’à ce jour. Je n’aime pas les chansons trop longues, du coup, je me lasse vite et je décroche. Autant dire que je n’attends rien de leur concert si ce n’est la rumeur d’un jeu de scène époustouflant qui m’a entraîné près des quais ce soir-là.

Enfin, les parisiens dégagent et les !!! prennent le relais. L. sort une blague en comparant le chanteur avec le type de INXS. Il ne sait encore pas combien il va être loin du compte. D’entrée, ils occupent toute la scène. Ils faut dire qu’à sept, c’est plus facile pour tout remplir. Premières notes, je tire encore la gueule en pensant à la première partie puis tout est oublié. Le son est énorme, le mix est bon et surtout le chanteur n’est pas décidé à faire de la figuration, il se démène dans tous les sens, danse comme jamais je n’oserais danser et sa chemise violette sera couverte de sueur dès la seconde chanson.
Ca part dans tous les sens, ça bouge partout. Dans la salle, les demoiselles se trémoussent, les garçons aussi. Le show est impressionnant. Les musiciens alternent, occupent l’espace mais surtout le chanteur danse comme un fou, monte sur le bar, part dans la fosse pour bouger avec les filles, jouissif. Quand arrive leur tube "Me and Giuliani down by the schoolyard", inutile de dire que le dance floor ne se retient plus depuis un bon moment, je me sens bien, vraiment bien au milieu de tous ces gens. Mes pieds bougent, mon corps bouge, je ne contrôle plus rien.
Puis, ils annoncent les dernières chansons en précisant qu’à la fin du set, ce sera fini pour de bon, qu’ils ont envie de prendre une douche et qu’ils s’en tapent de nous entendre au loin réclamer des rappels. C’est net et sans appel.
Dernier titre plus calme, les filles autour de moi ont le sourire aux lèvres, décidément je me sens vraiment bien. Fin de la chanson, je me précipite dehors pour rendre hommage à leur décision de ne pas faire de bonus.

Comme d’habitude, un pauvre étudiant mendie une place dans ma bagnole pour remonter en centre ville, je me sacrifie d’un détour par la Victoire avec ses étudiants alcooliques et ses CRS pour le déposer. Puis direction le Nord pour le retour au foyer où fiston dort depuis longtemps. CRS à Gambetta, CRS Cours Portal, CRS partout, Juppé veille encore avant son départ. M’en fous, ils n’empêcheront pas le dance floor de bouger.

Sean Bateman

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