Loading...
Disques

Jean-Louis Murat – A Bird On A Poire

JEAN-LOUIS MURAT – A Bird On A Poire
(Labels)

JEAN-LOUIS MURAT - A Bird On A PoireMurat aime les femmes, on le sait. Mylène Farmer (duo désenchanté), Isabelle Huppert (amour courtois), Camille (balade au jardin d’accacia), PJ Harvey (hommage malouin). Et Jennifer Charles. La belle d’Elysian Fields a littéralement envoûté le pâtre auvergnat. Déjà présente sur "Jim" (album "Mustango"), la voluptueuse new-yorkaise partage ici le micro sur l’ensemble de l’album. Murat s’est chargé des textes et Fred Jimenez, fidèle accolyte depuis "Le Moujik et sa Femme", des délicieuses mélodies pop. Le mariage à trois fonctionne à merveille. Une sorte d’idylle pop à la "Jules et Jim". Murat, le fin lettré, et Jimenez, l’orfèvre discret, se font la courte échelle pour atteindre le balcon de la belle, qui regarde ce petit manège amoureux avec amusement. "Mon pauvre ami, vous bandez trop", sussure cette dernière, le sourire aux lèvres, sur "Monsieur craindrait les demoiselles". Les deux amants ne se découragent pas et rivalisent de passion pour séduire la "reine des prés". A Jimenez, les chœurs façon Beach Boys ("Monsieur craindrait les demoiselles", "Gagner l’aéroport"), l’entrain acidulé de "Mashpotétisés", le slow langoureux de "French Kissing". A Murat, la prose énamourée ("Elle était venue de Californie", superbe, "Petite luge"). Clins d’œil, signes de la main, souffles courts, les joues rosissent. L’amour se tisse. Au moment où Jennifer semble céder à la cour obstinée de ses deux Frenchies, l’avion de retour l’attend, comme l’illustre le dessin au dos du disque. "A Bird On A Poire" est ainsi conçu comme une histoire, un feuilleton. Une aventure d’été à mi-chemin entre l’amour et l’amitié. Des sentiments emmêlés. Quelque chose de fort et de troublant. Alors on ne parlera pas de la pochette (trop BD ou sitcom AB Production). On n’expliquera pas le titre, une fausse piste quelque part entre Leonard Cohen ("Bird on a wire") et Magritte (l’homme à la pomme). On voudrait juste que l’histoire de ces trois-là se poursuive. Qui sait si l’été prochain ne verra pas leurs retrouvailles au Mont Dore ou au Mont Sans Souci? En attendant, on ne cesse de relire leur jolie carte postale musicale.

V

Mirabelle Mirabeau
Monsieur craindrait les demoiselles
Le temps qu’il ferait
A bird on a poire
Mashpotétisés
Gagner l’aéroport
French kissing
Une orgie de sainteté
Tu n’auras pas le temps
Elle était venue de Californie
Petite luge
L’anéantissement d’un coeur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *