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Interviews

Belle and Sebastian – Interview

 

Les aléas de la promo font que, quand Stuart Murdoch est à Paris, il ne sait pas ou donner de la tête. Les interviews pleuvent, il n’a même pas le temps de boire un verre ou de vérifier ses emails. Telles est la vie d’artiste. Il a plutôt l’air en forme quand il rentre dans les locaux de Radio Campus Paris, t-shirt blanc, teint hâlé, gros sourire, il s’installe et se livre de bon gré à une interview croisée entre souvenirs d’enregistrement, évocation des divorces qui ont fait l’histoire de Belle And Sebastian et tentative de recrutement d’une violoncelliste.

RCP : Alors, ce nouvel album, tu en es content ?
Oui, j’en suis content, je suis surtout content de l’avoir enfin fini. Oui, on peut dire que globalement j’en suis assez satisfait.

POP : Enfin fini ? C’est vrai que ça vous a pris pas mal de temps. Pourtant certaines des chansons sont plutôt veilles…
Oui, c’est vrai. En fait on a commencé en mars et on a fini courant juillet. Le problème, c’est qu’on avait pas toutes les chansons dès le départ. En fait on n’a jamais toutes les chansons ; elles arrivent petit à petit. On en avait qui dataient de l’été dernier et trois autres qui sont carrément beaucoup plus vieilles (« Lord Anthony », « Dear Catastrophe Waitress »…), elles viennent de l’époque où le groupe démarrait et d’autres ont juste été composées en début d’année.

POP : Pourquoi être remonté aussi loin ?
Ben, le groupe joue tellement bien maintenant, que c’était l’occasion ou jamais de donner une nouvelle chance à ces chansons. On avait plus ou moins merdé à l’époque et avec l’arrivée de Trevor (Horn, le producteur), c’était l’occasion idéale de revenir dessus. Avec une nouvelle approche pour les parties chantées et puis aussi avec la possibilité de retravailler les arrangements.

POP : Il y a eu des rumeurs sur le fait que tu aies rencontré sa femme de chambre ou quelque chose dans ce goût-la…
Hum, oui, bon, ok. Si tu veux connaître toute l’histoire, on était dans une caravane à Palm Springs pour un festival et la personne qui faisait le ménage de la caravane nous a dit qu’elle bossait pour Trevor et qu’elle était fan de Belle And Sebastian. Au début, je croyais qu’elle se foutait de nous. J’y ai pas vraiment prêté attention et puis…

POP : Pour les Français la combinaison Belle And Sebastian + Trevor Horn semble décalée. C’était votre intention de confronter l’univers de Belle And Sebastian à celui de Trevor pour avoir de nouvelles idées ?
Je ne sais pas ce à quoi on pensait. En fait, quand on l’a rencontré, on l’a bien aimé, c’est tout. Et c’est déjà pas mal. Je crois qu’il est un très bon producteur. La preuve c’est qu’il n’hésite pas à s’asseoir dans un coin et à attendre s’il sent qu’il n’y a rien à faire. Ce qui compte pour lui, et même plus que pour nous, ce sont les chansons. Ils ne travaille pas avec des groupes qui n’ont pas de chansons. Si on n’avait pas eu de chansons il serait parti. Et donc, ce qu’il voulait avant tout, c’était accoucher les chansons. Si pour faire ça il a besoins de ses ordinateurs estampillés « années 80 » il le fait, mais pour les nôtres il n’en a pas eu besoin.

RCP : Et quelle a été son influence au niveau du son ?
Ben, comme je viens de te le dire, on n’a jamais vu ses ordinateurs, ce qui était assez décevant, parce qu’on était curieux. On a essayé de les lui faire sortir, surtout pour une chanson comme « Stay Loose » que l’on croyait faite pour lui. On était convaincu qu’il aurait pu en faire quelque chose. Mais il ne l’aimait pas. Son dernier message lors du mastering a été, virez « Stay Loose » de l’album !

RCP : « Stay Loose » est vraiment différente, plus longue, plus complexe…
Oui. Parfois on se réveille avec une mélodie. Là, je me suis réveillé et j’avais l’intro au clavier et ensuite un couplet assez… sombre, très eighties, et aussi une façon de chanter assez bizarre. Alors, j’ai dit au groupe : bon, les gars, je vais chanter de façon bizarre, essayez de ne pas rigoler. Et ils n’ont pas rigolé. Donc tout a pris sa place. Et puis j’avais pas mal de couplets… On en a joué trois ou quatre à Trevor la première fois, juste pour lui montrer, parce que la chanson n’était pas finie, ou plutôt, parce qu’on ne savait pas comment la finir. Et on lui a dit « en plus il nous reste cinq autres couplets ». Mais lui il était assez sceptique, il ne voyait pas bien comment ça pourrait marcher.

 

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