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Shannon Wright – Interview

SHANNON WRIGHT

Shannon Wright - 7/09/2001 - (c) Guillaume SautereauDéjà aperçue en première partie de Calexico (et d’ailleurs accompagnée par ceux-ci), Shannon Wright revenait en solitaire début septembre nous présenter son nouvel et troisième album, "Dyied In The Wool" sur la scène de la Guinguette Pirate. Une voix, un clavier, une guitare, peu d’ingrédients pour un concert ensorcelant et bouleversant comme rarement. Le disque sort ces jours-ci en France chez Vicious Circle / Wagram et Shannon reviendra en fin de mois pour quelques concerts en France.

Peux-tu nous expliquer d’où tu viens ?
Je suis originaire de Georgie. J’ai joué avec un groupe, Crowsdell, qui a sorti deux disques chez Big Cat, le label de Pavement. Au bout d’un moment, nous étions à New York, il y avait trop de monde et j’en avais marre, et les deux autres trouvaient que mes chansons n’avaient pas de potentiel commercial, ils voulaient faire des tubes, inévitablement, nous nous sommes séparés.

La légende dit que tu as vendu tout ce que tu possédais à l’exception de ta guitare et que tu es partie te réfugier à la campagne, dans une ferme isolée… c’est vraiment vrai de vrai ?
Oui, oui, c’est vrai. Je voulais me retrouver totalement après la cohue new-yorkaise, j’étais un peu écoeurée.

Parle nous un peu de tes trois albums, de ce qui les distingue…
Le premier, c’était un départ, je l’ai écrit très vite, il fallait que ça sorte. Le deuxième est très introspectif, très personnel. C’est mon préféré.

C’est rare qu’un artiste nous dise que ce n’est pas son dernier disque en date, son préféré…
Je n’y peux rien, je le trouve très bien quand même cet album, il y a des chansons dont je suis très fière sur "Dyed in the wool", mais le second a quelque chose de très intime qui me touche toujours beaucoup et qui fait qu’il a une place à part pour moi.

Tu as sorti pas mal de disques en assez peu de temps. L’écriture est une chose facile et rapide pour toi ?
(elle touche du bois)

L’autre soir à la Guinguette Pirate, tu as joué toute seule sur scène, penses-tu que les chansons de "Dying in the wool "rendent bien sur scène ainsi ?
C’est toujours quelque chose de très spécial pour moi de jouer toute seule. C’est très intense. Non pas que les concerts en groupe le soient moins, mais toute seule, c’est vraiment très particulier. J’essaie que ce soit différent à chaque fois, pour que les gens ne se disent pas "oh non, encore Shannon Wright" (rires). Avec les musiciens, j’essaie de rendre les choses plus visuelles, il y a des projections de petits bouts de films, de photos que j’ai prises. Là encore, j’essaie de faire en sorte que ce soit une expérience à part entière, quelque chose dont les gens se souviennent.

En écoutant ton album ces jours derniers, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Nico… que penses-tu de cette comparaison ?
On me l’a déjà dit. J’écoute rarement Nico, mais je vois d’où ça vient, je sens que notre musique vient du même endroit (elle montre son cœur)…

Shannon Wright - 7/09/2001 - (c) Guillaume Sautereau

Et que penses-tu des sempiternelles comparaisons qu’on fait à ton propos (PJ Harvey, Cat Power) ?
C’est vraiment très énervant, très frustrant. Les gens qui écrivent des articles et des chroniques aux USA sont très paresseux. Si tu es une femme et qui tu chantes des chansons tristes, on te compare à Cat Power, si tu es plus rock, on te compare à PJ Harvey, si tu utilises des samples, on te compare à Björk. La barbe ! J’espère que ça va aller en s’améliorant, mais c’est réellement très désagréable, je n’ose imaginer comment c’était il y a 20 ans, pour Patti Smith par exemple. Ceci dit, il n’y avait pas grand monde à qui la comparer à l’époque (grand sourire).
En fait, dès qu’on est une fille, les gens font beaucoup plus attention à la voix qu’au reste de la musique. Avec les groupes dans lesquels un garçon chante, ce n’est pas pareil.

J’ai lu une description de ta musique comme de la "Southern Gothic Music"… que penses-tu de ce genre d’étiquettes ?
C’est pareil… c’est juste parce que ma musique est assez sombre et que je viens du sud… une étiquette un peu idiote.

Sur scène, tu as fait une superbe reprise d’une chanson des Smiths, "Last Night I Dreamt that Somebody Loved Me"… il y a une raison particulière pour que tu choisisses cette chanson ?
C’est une très jolie chanson, très touchante et très bien écrite, voilà pourquoi je l’ai choisie

Ton album vient juste de sortir aux Etats-Unis… que vas-tu faire quand tu vas rentrer ?
Je vais partir en tournée sur la côte Ouest, avec le groupe Quasi. Ensuite je reviendrais en Europe, vers novembre. Cette fois ce sera avec le groupe.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?
Je suis allé au Brésil il y a quelques mois, et j’ai découvert plein d’artistes brésiliens, j’en écoute beaucoup en ce moment. Dans la musique brésilienne des années 50 et 60, il y a vraiment des chefs d’œuvres, c’est très impressionnant. En plus, au Brésil, on trouve des tirages hallucinants d’artistes étrangers, c’est fabuleux !

Tu envisagerais d’ajouter un peu de bossa-nova à ta musique ?
Non, je ne crois pas que cela irait bien avec mon style. Et puis je ne sais pas si j’en serais capable (sourire) !

Propos recueillis par Guillaume
Merci à Cathy, Géraldine et Philippe.

Shannon Wright - 7/09/2001 - (c) Guillaume Sautereau

 

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